piloter son nuageLes nouvelles pratiques du 2.0, plus communicantes, plus ouvertes, plus interopérables, plus globales … sont génératrices de valeur si les organisations qui les mettent en place savent maîtriser leur «cloud». Mais « piloter un nuage » pour en tirer les bénéfices est une tâche difficile ! Les managers doivent apprendre à mettre en place des démarches à la fois structurantes et adaptables qui permettent de mettre à disposition et valoriser les résultats issus du web social.

Le pilotage multidimensionnel et les référentiels enrichis

La collaboration à grande échelle nécessite de se mettre d’accord sur le vocabulaire et sur les références techniques. Il faut définir des mots clés pour classer et retrouver les informations puis les partager et les rendre disponibles. D’abord à l’échelle d’une partie de l’organisation, puis étendue à l’organisation, ce langage commun gagne le secteur d’activité, jusqu’à devenir universel.

L’organisation doit chercher à améliorer également la maîtrise de ces référentiels émergeants, et à les « institutionnaliser » régulièrement, pour enrichir son référentiel corporate de nouveaux acquis conceptuels et formels.

Le pilotage multidimensionnel permet de gérer des quantités d’informations très importantes avec des consolidations multi-niveaux automatisées et très rapides. En associant approche décisionnelle et approche managériale (organisation, hierarchique, matricielle, mode projet…), on multiplie les axes d’analyse qui permettent ainsi de représenter des réalités plus complexes.

Ce pilotage multidimensionnel, à l’aide de référentiels enrichis, intégré aux outils de gestion intégrée (ERP) et de reporting (BI), garantit une couverture homogène et conforme des actes de gestion ou de production (Combien ?). A plus grande échelle, il doit pouvoir représenter l'organisation et sa gouvernance (Qui ? et Où ?). De manière plus récente et originale, il doit intégrer la vision et les éléments clés de l'excellence opérationnelle (Comment ? et Pourquoi ?).

La gestion des communautés

Les entreprises étendues, les structures en réseau, les pratiques de coopétition, les groupements d’entreprises... sont autant de situations de création de valeur qui supposent des outils de pilotage et de contrôle originaux. La communauté est l'entité générale qui décrit cette situation où l’intelligence collective s’ajoute à l’intelligence individuelle dans des pratiques collaboratives nouvelles.

Le premier enjeu est d'en assurer le peuplement et la contribution spontanée. Il faut donc trouver et entretenir les moteurs de la motivation individuelle. Une fois cet objectif atteint, la gouvernance des groupes de travail doit s’adapter à leur nature (groupe projet, groupe d’experts, groupe fonctionnel, etc.), et adopter des règles d’organisation différentes, pour que le groupe soit efficace. Il faut, enfin, faire en sorte que les contributions produites concourent à la construction d'un "meilleur", cohérent avec les objectifs stratégiques de l'organisation, en donnant aux contributeurs les repères nécessaires.

On le voit, la façon dont les groupes devraient, en fonction des besoins, se constituer, évoluer, se défaire, interagir les uns avec les autres dans des situations stratégiques et managériales complexes doit faire l’objet d’analyses et d’innovations managériales qui concilient les deux composants du problème : la dynamique des groupes et les modèles et outils de pilotage et de contrôle.

La gouvernance de l’information

L’information se multiplie, se dissémine, se parcellise…la désinformation aussi! L’information est à la fois un capital à protéger et à partager. Ce dilemme ne peut se résoudre qu’avec une bonne gestion des flux d’information entre les organisations et les personnes. Garantir la propriété intellectuelle, la confidentialité et la diffusion correcte de l’information, repose sur des règles de gestion et des outils techniques précis, ainsi que sur une discipline collective. Chaque organisation doit formuler sa propre charte et former les collaborateurs à son emploi. A l’intérieur de ces groupes, les règles de gestion de l’information, ainsi que celles de publication doivent aussi être adaptées, comprises et respectées.

Il faut piloter l’information que les communautés diffusent vers les personnes, et celle que les personnes capitalisent dans les communautés.

Au coeur de ce pilotage se trouvent les outils de gestion des droits sur lesquels reposent à la fois la sécurité et l’efficacité. Pour que ces règles fonctionnent, l’organisation gouvernée doit être capable de décrire complètement sa gouvernance avec pertinence et précision dans un annuaire fonctionnel étendu, ce qui demande de combiner les référentiels enrichis pour décrire les objets de gestion de l’organisation, de gérer la délégation successive des domaines de responsabilité et d’affecter dynamiquement les individus autour de cette gouvernance.

La gestion des capacités organisationnelles

Nous avons vu dans un précédent article que les capacités organisationnelles représentent le "savoir-agir"de l'organisation. C'est à dire l'ensemble des ressources, connaissances et compétences susceptibles d'être mobilisées par l'organisation pour atteindre les objectifs fixés. La structuration et la maîtrise de ces capacités, traduites en actions de tous les jours et confiées aux acteurs de l‟organisation, permettent l’amélioration des performances. Mais la qualité et la persistance de cette mesure repose sur une condition forte : une pleine adhésion des acteurs de terrain, elle-même conditionnée par l’évidence de la pertinence des mesures demandées et le service rendu à l'utilisateur et aux communautés de pratiques…

Dans une organisation qui cherche à associer les acteurs de son nuage à sa stratégie, il s’agit de définir une méthodologie de mise en marche des capacités organisationnelles de l’organisation (description, évaluation, communication), au travers d’un système de tableaux de bords capable de traiter les horizons stratégique, tactique et opérationnel. Le résultat doit être un outil collectif de motivation individuelle, permettant à chacun d’apporter à la communauté et de recevoir.

Il en découle un pilotage qui rend facilement compte de la pertinence stratégique des modifications survenues sur le terrain et qui génère une profonde appropriation dans la culture locale des différentes communautés par le lien qu’il produit entre des réalisations quotidiennes et cette pertinence. Lié aux résultats concrets et non aux structures et processus, ce mode de pilotage des capacités organisationnelles redonne du sens à l’exigence qui doit orienter l’action des communautés de l’organisation gouvernée.

"Piloter son nuage" c'est savoir tirer bénéfices du cloud et du 2.0 et créer de la valeur pour son organisation.
Une approche structurée et appropriée permet de définir les contours et les objets de "son" nuage et d'en maîtriser l'exploitation.

Bien piloter son nuage c'est assurer du beau temps et de la visibilité à son entreprise....

Source David et Monomakhoff
Web 2.0 en univers gouverné : comment piloter un nuage", conférence AIM 2011